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Posts Tagged ‘Italie’

Salomè (1972) – Carmelo Bene

mars 18, 2015 Laisser un commentaire

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Racconti: Il Capitano (1941) – Cesare Pavese

février 14, 2015 Laisser un commentaire

Quell’anno lavoravo – era il prim’anno che lavoravo, e salire al mattino nella gran fabbrica vetrata dove disegnavo davanti a una finesta, mi schiariva le idee. Scendevo a volte in un camerone dove certi operai sorvegliavano una fila di macchine e passando ammiccavo a un tornitore – un giovanotto sveglio, che poche parole mi avevano rivelato. Non c’eravamo ancora intesi e collegati, ma sapevo bene che volendo mi sarebbe bastato parlargli. Ritardavo questo momento, perché in fondo capivo che non era la nostra azione che poteva contare, mentre la tacita intesa era – almeno per me – ben più preziosa. Mi dava il senso che, indipendentemente da me e dai compagni, era la realtà stessa che si muoveva verso di noi.

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Le chevalier inexistant (1959) – Italo Calvino

octobre 7, 2014 Laisser un commentaire

Toutes choses bougent dans la page bien lisse ; pourtant rien ne transparaît de cette agitation, rien n’a l’air de changer à la surface. Il en va de mon papier comme de la rugueuse écorce du monde, elle aussi pleine de mouvements et vide de changements : rien qu’une immense couche de matière homogène, qui se tasse et s’agglomère selon des formes et des consistances variables, dans une gamme de coloris nuancés, et que, pourtant, on imagine sans peine étalée sur une surface plate. Bien sûr, elle présente des excroissances villeuses, plumeuses ou noueuses comme carapaces de tortues ; et de temps en temps, ces touffes de plumes ou de poils et ces nodosités donnent l’impression de bouger. Ou bien encore on croit discerner, parmi cet agglomérat de qualités réparties dans toute la nappe de matière uniforme, quelques changements de rapports : et, malgré tout, rien, substantiellement, ne quitte son lieu. Le seul dont on puisse dire à coup sûr que, dans tout mon paysage, il effectue un mouvement, c’est Agilufle : pas le cheval d’Agilufle, ni l’armure d’Agilufle ; non, ce je ne sais quoi de solitaire, d’impatient, de soucieux de soi-même qui voyage à cheval, à l’intérieur d’une armure. Alentour, les pommes de pin choient des branches, les ruisseaux bondissent parmi les cailloux, les poissons nagent dans les ruisseaux, les chenilles broutent les feuilles, les tortues raclent le sol de leur ventre rugueux : mais tout cela n’est que simulacre de mouvement, perpétuel va-et-vient comparable à l’agitation des vagues. Gourdoulou, lui, fait corps avec la lame, s’enroule et se déroule avec elle, emprisonné dans la grande tapisserie des choses, plaqué lui aussi dans cette nappe de matière, parmi les poissons, les pignes, les chenilles, les cailloux et les feuillages : simple protubérance sur l’écorce de l’univers.

Mais qu’il me sera difficile de représenter, sur mon bout de papier, la course de Bradamante, celle de Raimbaut, ou celle du farouche Torrismond ! Ah ! comment faire ? Sur cette étendue bien égale, il faudrait qu’il y eût un renflement très léger, comme on en obtiendrait en grattant le feuillet par-dessous, avec la pointe d’une épingle ; cet imperceptible soulèvement serait, comme le reste, pétri de l’universelle matière, et là, justement se logeraient passion, beauté, douleur, et puis l’affrontement et le mouvement véritables.

Mais comment viendrai-je à bout de cette histoire, si je me mets à saccager ainsi les pages blanches, à y creuser des vallées et des cavernes ? Plutôt que de labourer mon papier de raies et d’égratignures, mieux vaudrait sans doute, afin que mon récit fût plus facile, que je dresse une carte des lieux.

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Feu Mathias Pascal (1904) – Luigi Pirandello

janvier 10, 2013 Laisser un commentaire
« Libre? » disais-je encore.
Mais déjà je commençais à pénétrer le sens et à mesurer l’extension de cette liberté.
Ainsi, par exemple, cette liberté consistait à rester là, le soir, accoudé à une fenêtre, à regarder le fleuve qui courait, noir et silencieux, entre les quais neufs et sous les ponts, qui y reflétaient les lumières de leurs becs de gaz, tremblantes comme de petits serpents de feu ; cela voulait dire suivre par l’imagination le cours de ces eaux, depuis la lointaine source des Apennins, puis par toutes ces campagnes, maintenant à travers la ville, puis de nouveau par la campagne, jusqu’à l’embouchure ; puis je me représentais par la pensée la mer ténébreuse et palpitante, où ces eaux, après une si longue course, allaient se perdre. Et cette liberté enfin me permettait d’ouvrir de temps en temps la bouche pour laisser passer un bâillement.
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Edipo Re (1967) – Pier Paolo Pasolini

juillet 21, 2012 Laisser un commentaire

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Fellini par Fellini (1984) – Federico Fellini

juin 18, 2012 Laisser un commentaire

Marcello. Le cher, le parfait Marcello Mastroianni: l’ami fidèle, dévoué, sage, un ami tel qu’on en trouve seulement dans les romans des écrivains anglais. Marcello et moi, nous nous voyons très peu, presque jamais. Et c’est peut-être bien l’une des causes de notre amitié, une amitié qui n’exige rien, n’oblige pas, ne conditionne nullement, n’établit point des règles et des frontières. Une vraie, une belle amitié, fondée sur un salubre manque de confiance réciproque.
Travailler avec Marcello est une joie: délicat, disponible, intelligent, il entre sur la pointe des pieds dans la peau des personnages, sans jamais rien demander, sans avoir même lu le scénario. « Quel plaisir y a-t-il, dit-il, à connaître d’avance ce qui va se passer? Je préfère le découvrir jour après jour, tout comme cela se passe pour le personnage. » Il se laisse maquiller, habiller, coiffer sans émettre la moindre objection, ne demandant que les choses strictement indispensables: avec lui, tout est doux, serein, détendu, naturel, un naturel qui parfois lui permet de sommeiller pendant les séquences où il est en scène, au besoin au premier plan.

 

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