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Archive for mars 2015

Salomè (1972) – Carmelo Bene

mars 18, 2015 Laisser un commentaire

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Flaming Creatures (1963) – Jack Smith

mars 18, 2015 Laisser un commentaire

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Trilce, XIII (1922) – César Vallejo

mars 13, 2015 Laisser un commentaire

Pienso en tu sexo.
Simplificado el corazón, pienso en tu sexo,
ante el hijar maduro del día.
Palpo el botón de dicha, está en sazón.
Y muere un sentimiento antiguo
degenerado en seso.

Pienso en tu sexo, surco más prolífico
y armonioso que el vientre de la Sombra,
aunque la Muerte concibe y pare
de Dios mismo.
Oh Conciencia,
pienso, sí, en el bruto libre
que goza donde quiere, donde puede.

Oh, escándalo de miel de los crepúsculos.
Oh estruendo mudo.

Odumodneurtse!

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Compact (1966) – Maurice Roche

mars 13, 2015 Laisser un commentaire

Jouer quinton au vif du divin sadinet (piccina frottifrottola)

Jouter quintan d’un nerf préféré (la foutre (l’envoyer) en l’air!)

Je branlois le rifloir, piquois des deux : Sus au point de fuite sliop-snas-noc!

Je rassemblois toute ma volonté à l’extrême pointe de l’espafut jusqu’à ce qu’iceluy se monstrât roide et tencdu à poinct; puis entamais la partie, m’escrimois au pertuis :
– Baisoigne! hurlait la folle. Aboule ton bise-nénesse…

J’attrapois et tripotois popotin

timbré en coeur d’un cache-fri-fri de neuille aux retroussis kif-kif la calotte sommée d’une houppe soutenue par deux jambots holpifs.
Avec ce cri de guerre : « Montjoie Sainte Bitte! » Et le slogan : « Et con soumis mour igné ».

Maintenant, hormis son blase, je la cognoissois à fond… (soit : Mézigue aiguisant zigzag le tout sur le tout – sachant que la chose estoit du machin autre ou du truc.)

Nossucénos son écusson, je voyais rouge et gueulais : « -Taïaut! Au pal el contre-pal… A la pile – flanqué – à la fasce! » (De senestre à dextre) Taillois tranche « Pas de quartier! » Tranchois tronche (de dextre à senestre), voir tronchois tranche (selon que j’estois en face, ou en face de qui en face etc…)

Je béhouardais à m’en bistourner le gros-bois; poussois du col et appuyois au cul de telle force que les sangles les sursangles les arçons les bricoles m’en pensèrent rompre.

Lors cuydois enfiler, outre d’outre en outre la môme, le pajot, le hachoir à broquilles, la table de nuit, le mur d’en face, le gnare d’à-côté et sa grognasse d’Amerloque, le plancher tous les étages en descendant… et en montant ; ça crevait le plafond, le toit, et fonçait à tombeau ouvert – propulsé par des siècles de volonté de survivre, à en clamser – vers les espaces stellaires, infinis, au silence éternel, etc…

Et – regressus ad originem pour coïncider avec la cosmogonie – ça remontait le cours du temps, « à rebrousse-poil », jusqu’au pithécanthrope qui en glouissait, créant un embryon de langage féroce (meuglement complémentaire de l’harmonie préétablie des sphères que j’essayais, à travers la nana, d’arracher progressivement au chaos constitué par le « bruit de fond universel ».

[…]

ET VENUS EST VENUE EVE NUE AI VEINE EUE…

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Los días de nuestra muerte (1970) – Dominique Dubosc

mars 13, 2015 Laisser un commentaire

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Het dak van de Walvis / On Top of the Whale (1982) – Raúl Ruiz

mars 13, 2015 Laisser un commentaire

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La Dislocation (1974) – Armand Farrachi

mars 2, 2015 Laisser un commentaire

Ainsi, puisque l’on va partir, il faut que tout soit prêt. C’est-à-dire tous les objets, les armes, les selles, les habits ; que tout soit astiqué, frotté, ciré, comme pour la parade, le tournoi. Il faudrait aussi que tout soit compté et empilé, afin que rien ne manque. Rien. Il faudrait faire affûter les épées, vérifier l’état des sangles, s’assurer de l’efficacité de la cotte. Il le faut, sinon comment partir ? Comment partir si la boucle manque au ceinturon ou la bride au harnais ? Peut-on s’aventurer si loin de sa terre, si loin, sans qu’aient été raccommodés les accrocs du surcot ou redressées les bosses du heaume ? Non. On ne peut pas. On va partir, c’est sûr, réglé, il n’y a pas à revenir là-dessus. Mais on ne part pas comme cela, le nez à l’air et l’âme au vent. Autant dire tout nu. On ne l’imagine pas. Personne. D’ailleurs, qui le soutiendrait ? Qui le pourrait ? Personne. On part ? Très bien, qu’on parte ; parfait. Mais qu’au moins il s’agisse d’un départ, d’un vrai départ, pas d’un déplacement de gueux. Et même, qu’il y ait des drapeaux, des oriflammes, des bannières, et même de la musique et des tambours. Et tout. Et des malles ! Il faudrait des malles, des coffres, des caisses ; par dizaines dans des charrettes, des convois de charrettes. Ou plutôt, non. Qu’on parte sans rien, tout seul, dans le dépouillement ; que rien ne nous distingue des autres ; et même, que rien nous distingue non plus des chevaux, et de la terre, de la pierre, du bois, des feuilles et de la pourriture ; qu’on ne nous reconnaisse pas parmi les loups et les bêtes sauvages ; qu’on se confonde avec le terreau noir des forêts, l’humus mouillé, la poussière, la boue. Pas de tambours, pas de bannières. Le silence, le vent, la pluie. Qu’on parte la nuit, quand tous dormiront, sans bruit. Et qu’on se taise. Pas un mot, pas de cris, pas de larmes, pas de gestes. Il faut que les sabots des chevaux soient enveloppés dans des chiffons épais, et que nos pieds le soient aussi, et nos mains ; que notre tête soit recouverte d’un sac ; qu’on ait des tampons dans la bouche et les oreilles, des bandeaux devant les yeux. Voilà. On ne partira pas par convois, ni par groupes, ni par deux. On partira un par un. Chacun montera son cheval et partira seul, la nuit, sans faire de bruit. Sans selle, sans étriers, sans rênes, couvert de fourrures et de peaux de bêtes. On s’accrochera à la crinière du cheval. Quand on aura froid on se couchera sous lui et quand on aura faim on pourra mordre de grands morceaux dans sa chair crue. Et s’il crie, on criera plus fort que lui.

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