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Archive for février 2015

Hécate (1928) – Pierre Jean Jouve

février 14, 2015 Laisser un commentaire

Ma joie était profonde. Pierre Indemini m’aimait pour moi. En même temps, retournements bizarres, c’est moi qui aimais enfin et c’est ma propre figure que j’adorais. Moi la triste figure j’effrayai aussitôt le monde par « mon appétit féroce », ma gaieté et mes idées magnifiques. Mais avant il faut que je raconte l’histoire de la ligne bleue. De 20 à 23 ans peut-être, j’avais observé un rite secret. C’était la ligne bleue et cela me consolait drôlement de la solitude. Sur mon corps après le bain je traçais avec du fard au milieu de la poitrine une ligne bleue sinueuse. Quand le soir je trouvais la ligne bleue (toujours comme si je l’avais oubliée) j’éprouvais une joie d’enfant, je battais des mains. Ou alors je m’attendrissais dans quelque méditation de moi-même? Aussitôt après la soirée du Jack je recommençai la ligne bleue, en ayant le sentiment que mon rite avait désormais une beauté que rien n’eût pu lui donner auparavant. Le bonheur que j’en retirais était si intense que je ne voulais surtout point, par un acte avec Pierre, toucher à mes secrets amoureux ainsi réunis ensemble. Je vivais dans le fantastique : la ligne et Pierre étaient les rêves de ma propre beauté, avec des échos étranges, des musiques arrachées à l’air surgissaient dans le fond de mes oreilles. Oh que c’était merveilleux : tout cela il l’ignorait. Je lui disais beaucoup de tendresses, et pas celles de la vraie profondeur.

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Racconti: Il Capitano (1941) – Cesare Pavese

février 14, 2015 Laisser un commentaire

Quell’anno lavoravo – era il prim’anno che lavoravo, e salire al mattino nella gran fabbrica vetrata dove disegnavo davanti a una finesta, mi schiariva le idee. Scendevo a volte in un camerone dove certi operai sorvegliavano una fila di macchine e passando ammiccavo a un tornitore – un giovanotto sveglio, che poche parole mi avevano rivelato. Non c’eravamo ancora intesi e collegati, ma sapevo bene che volendo mi sarebbe bastato parlargli. Ritardavo questo momento, perché in fondo capivo che non era la nostra azione che poteva contare, mentre la tacita intesa era – almeno per me – ben più preziosa. Mi dava il senso che, indipendentemente da me e dai compagni, era la realtà stessa che si muoveva verso di noi.

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Histoire de détective (1929) – Charles Dekeukeleire

février 14, 2015 Laisser un commentaire

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The Great Blondino (1967) – Robert Nelson

février 14, 2015 Laisser un commentaire

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