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Aminadab (1942) – Maurice Blanchot

En dépit de ces traces de désordre et de vulgarité, la chambre laissait une impression de richesse. Quelle fortune dépensée dans cette installation! Un miroir recouvert d’un linge malpropre était fixé au chevalet, tout près du visage du peintre, comme si celui-ci avait eu le projet de faire un jour son portrait. De l’autre côté un cadran solaire, peut-être choisi comme objet d’étude pour un futur tableau, recevait quelques rayons du projecteur. Il était difficile de savoir ce qui dans cet ensemble devait servir à être peint ou à peindre. On avait l’impression que le tableau était là, déjà achevé, et que l’artiste, s’épuisant dans un effort de transcription malfaisante, était seul à l’ignorer. On pouvait même se demander si en distribuant des couleurs sur une toile il n’avait pas l’intention de détruire le tableau dont l’existence le choquait.

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