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Le songe d’une femme (1899) – Remy de Gourmont

Je sentirai mieux encore le charme et la valeur de ces jours d’activité sanguine quand ils se seront un peu éloignés de moi ; mais je les range dès maintenant parmi les plus décisifs de ma vie. Je t’en ai raconté quelques épisodes, mais comment en dire toutes les heures et toutes les minutes? Ni Annette, ni Joconde elle-même, d’un parfum plus fort, ne m’ont masqué le reste de la nature, mais j’ai joui plus profondément, mêlée à ces odeurs de femmes, de l’odeur ingénue des feuilles et des bêtes, des ruches et des cigües. Il n’y a de vie que de nous, peut-être ; un bras nu qui se glisse dans les rosiers augmente la beauté des roses et l’herbe est plus verte le long du sillage qu’y laisse une robe de femme ; un désir se lève en notre cœur vers tout ce qui vit, – et je baisai, je m’en souviens, sur les lèvres d’Annette, les bois, les joncs, les bruyères et les pierres.

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