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Petrusmok (1951) – Malcolm de Chazal

Voici je suis mort. Je suis mort, parce que je suis tellement intégré à l’essence de la roche, que je suis devenu os de ses os. Nul espace entre moi et la pierre : nous sommes un même squelette.
[…]
Celui qui sent tinter son squelette est bien mort : quand le squelette crie, la mort est là.
Je suis dans un cimetière, où os sur os s’apaisent, où les morts à force de mourir, sont devenus calcaire consentant.
Je suis là dans mes os. Et du champ de vie de mon roc de chair, cartilagineux comprimé – de la pierre de ma chair, je corresponds avec la pierre du vivant : et devenu os, je vois l’Os de la Planète.
Un grand souffle est en moi. Et me voici dans les essences.
Sur l’Os du Sinaï est Moïse. Il regarde. Un ami est derrière lui, tapi, assis, regardant Moïse qui avance vers une pointe de rocher comme pour se jeter dans le vide. L’homme derrière lui voit, et il est muet : il voit Moïse qui voit l’Éternel.
Et les doigts de feu parlent, non venant du Ciel, mais de la roche elle-même : la pierre se soulève de son lit comme un corps, comme un pré – Lazare qui ressuscite.
Moïse ne vit pas Dieu dans les cieux, mais il Le vit dans la pierre du Sinaï : à témoin, il ne rapporta pas la foudre, mais les Tables de la Loi, la pierre qui avait parlé.
Et la pierre parla.
[…]
Telle est la roche, ami : une mort, mais une mort vivante, comme moi enterrée vivante. Mais la roche est enterrée en elle-même, elle est la mort, vue dans la Face du Vivant.
Et nulle plus qu’elle ne vit pourtant, parce qu’elle touche aux Premiers Principes et elle est le Dernier du Vivant – sur quoi tout se base, sur quoi tout s’appuie. Sans elle, ce serait le vide et le néant.
Et ce qui soutient tout, doit être tout. Or la pierre est morte. Non, vaste leurre, elle vit. Elle vit comme le mort vit quelques heures encore après sa mort, comme le pré-né vit dans les cartilages et les os du Père, microbe divin attendant son heure. La pierre vit, elle est vie, mais elle touche tellement aux deux bouts du Temps, qu’elle est cercle et elle tourne en elle-même en attendant le Jet. Moïse vit la Tangente, la Flèche de Vie d’où tout vient.

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