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Archive for septembre 2014

Aminadab (1942) – Maurice Blanchot

septembre 28, 2014 Laisser un commentaire

En dépit de ces traces de désordre et de vulgarité, la chambre laissait une impression de richesse. Quelle fortune dépensée dans cette installation! Un miroir recouvert d’un linge malpropre était fixé au chevalet, tout près du visage du peintre, comme si celui-ci avait eu le projet de faire un jour son portrait. De l’autre côté un cadran solaire, peut-être choisi comme objet d’étude pour un futur tableau, recevait quelques rayons du projecteur. Il était difficile de savoir ce qui dans cet ensemble devait servir à être peint ou à peindre. On avait l’impression que le tableau était là, déjà achevé, et que l’artiste, s’épuisant dans un effort de transcription malfaisante, était seul à l’ignorer. On pouvait même se demander si en distribuant des couleurs sur une toile il n’avait pas l’intention de détruire le tableau dont l’existence le choquait.

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D’un regard l’autre : Arc-en-ciel des fuites (1948-49) – Joë Bousquet

septembre 28, 2014 Laisser un commentaire

Il y a des peintres. On se demande pourquoi ? On ne sait pas davantage comment ils ont inventé d’exister.
L’un d’eux m’a donné son avis :
« Le peintre est un révolté. Quelqu’un qui n’accepte pas la condition humaine. »
Un jour, il s’aperçoit que tout ce qui fout le camp a une couleur. Le crépuscule ressemble à un oeuf pourri, le moisi est une fleur qui ne se laisse cueillir et dit cependant : ne m’oubliez pas.
Couleurs jamais vues sur ce qu’on peut revoir. Le vomi nous regarde sous la terre.
Cette couleur exclut la forme, elle a soif de contours.
Elle est l’envers de la flamme et ne peut désormais recevoir une forme que de l’imagination humaine.
En peinture, il n’est de voie correcte que selon la triple dimension du regard !
Vous croyez que le peintre a voulu reproduire ou produire des images, c’est tout le contraire. Il n’y a pas d’images et il le prouve.

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Canciones para después de una guerra (1971) – Basilio Martín Patino

septembre 21, 2014 Laisser un commentaire

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Informe general sobre unas cuestiones de interés para una proyección pública (1976) – Pere Portabella

septembre 21, 2014 Laisser un commentaire

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Lourdes, lentes… (1969) – André Hardellet

septembre 7, 2014 Laisser un commentaire

Ils avouent, prononcent des mots et des prénoms qui ressemblent à des grognements, ils tendent les bras vers leur Germaine et leurs douze ans. Ils marchent dans des rues jonchées de fleurs mortes, dans des mines de sel, dans des villes fantômes où des putains offrent des mécaniques molles : une pièce dans la fente et ça démarre. Elles aussi, les putains, appellent au secours avec des mots, des prénoms qui ressemblent à des grognements. Branleurs des « tasses », poètes des graffitis, commis voyageurs fourbus, maniaques, boudins hors d’usage – dites-moi que vous vous souvenez! Que vous avez su, comme je savais, sous les noyers de la Coudre!
Il y a des jours où le monde ouvre tout grand ses pénitenciers, ses laboratoires nucléaires, ses casernes – et met les clés sous le paillasson. – Des gens se sont donné le mot aujourd’hui, et c’est ce mot – intraduisible – qui circule à travers la campagne assommée par Juillet et cherche à m’atteindre au passage.
Vous étiez avec moi, sans le deviner, au bord de la rivière, aux bords du désir. Joëlle, dis, des fois, si tu venais faire un tour après dîner, y’a une brèche dans le mur… L’eau faisait l’amour avec elle-même.

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Le songe d’une femme (1899) – Remy de Gourmont

septembre 7, 2014 Laisser un commentaire

Je sentirai mieux encore le charme et la valeur de ces jours d’activité sanguine quand ils se seront un peu éloignés de moi ; mais je les range dès maintenant parmi les plus décisifs de ma vie. Je t’en ai raconté quelques épisodes, mais comment en dire toutes les heures et toutes les minutes? Ni Annette, ni Joconde elle-même, d’un parfum plus fort, ne m’ont masqué le reste de la nature, mais j’ai joui plus profondément, mêlée à ces odeurs de femmes, de l’odeur ingénue des feuilles et des bêtes, des ruches et des cigües. Il n’y a de vie que de nous, peut-être ; un bras nu qui se glisse dans les rosiers augmente la beauté des roses et l’herbe est plus verte le long du sillage qu’y laisse une robe de femme ; un désir se lève en notre cœur vers tout ce qui vit, – et je baisai, je m’en souviens, sur les lèvres d’Annette, les bois, les joncs, les bruyères et les pierres.

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Geneviève (1965) – Michel Brault

septembre 7, 2014 Laisser un commentaire

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