Archive

Archive for juin 2014

Le livre à venir : La parole prophétique (1959) – Maurice Blanchot

juin 11, 2014 Laisser un commentaire

Le terme de prophète – emprunté au grec pour désigner une condition étrangère à la culture grecque – nous tromperait s’il nous invitait à faire du nabi celui en qui parle l’avenir. La prophétie n’est pas seulement une parole future. C’est une dimension de la parole qui engage celle-ci dans des rapports beaucoup plus importants que la simple découverte de certains événements à venir. Prévoir et annoncer quelque avenir, c’est peu de chose, si cet avenir prend place dans le cours ordinaire de la durée et trouve expression dans la régularité du langage. Mais la parole prophétique annonce un impossible avenir, ou fait de l’avenir qu’elle annonce et parce qu’elle l’annonce quelque chose d’impossible, qu’on ne saurait vivre et qui doit bouleverser les données sûres de l’existence. Quand la parole devient prophétique, ce n’est pas l’avenir qui est donné, c’est le présent qui est retiré et toute possibilité d’une présence ferme, stable, durable. Même la Cité éternelle et le Temple indestructible sont tout à coup – incroyablement – détruits. C’est à nouveau comme le désert, et la parole aussi est désertique, cette voix qui a besoin du désert pour crier et qui sans cesse réveille en nous l’effroi, l’entente et le souvenir du désert.

Catégories :Citations Étiquettes : , , ,

Fable (1971) – Robert Pinget

juin 11, 2014 Laisser un commentaire

On retrouverait Miaille après la fuite du romanichel, renouant un à un les fils de la toile, réapprenant la formule, cette demeure qui est la notre, mais n’occupant plus que le grenier. Par une sublimation inattendue la maison n’aurait plus ses fondations dans la sol de la cour mais un étage au-dessus, aérienne, flottante, le galetas devenu rez-de-chaussée. Et les promeneurs passant sous elle lèveraient le nez croyant à un nuage de pluie, à un brouillard, à quelque phénomène vernaculaire, on en parlerait dans notre feuille locale mais seule notre poétesse aurait percé l’énigme, familière des lévitations. Hoquetante, griffonante, chevrotante, bavotante, ne quittant plus son salon philippotard elle serait devenue l’instrument d’une muse tyrannique, n’aurait plus que la peau sur les eaux mais son poème d’idylle fuligineuse se ferait dur comme roc.
Nous avons vu la sibylle en chaussettes, lui avons demandé le temps pour demain.
Nous avons vu la sibylle en mitaines, lui avons demandé le nom secret de Dieu.
Nous avons vu la sibylle au tricot, lui avons demandé quoi faire de nos carcasses.
Elle répond inlassable ce présent à dissoudre itou, chaussez vos sandales et ceinturez-vous les reins.

Catégories :Citations Étiquettes : , , ,

Los olvidados (1950) – Luis Buñuel

juin 1, 2014 Laisser un commentaire

Catégories :Galerie Étiquettes : , ,

Счастье / Happiness (1935) – Aleksandr Medvedkin

juin 1, 2014 Laisser un commentaire

 

Catégories :Galerie Étiquettes : , ,