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Archive for septembre 2013

Le calcul du sujet (2000) – Erik Bullot

septembre 14, 2013 Laisser un commentaire

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Les oursins (1954) – Jean Painlevé

septembre 14, 2013 Laisser un commentaire

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Maladie mentale et psychologie (1954) – Michel Foucault

septembre 11, 2013 Laisser un commentaire

Ainsi la Renaissance, après la grande hantise de la mort, la peur des Apocalypses, et les menaces de l’autre monde, a éprouvé dans ce monde-ci un nouveau péril : celui d’une invasion sourde, venant de l’intérieur, et, pour ainsi dire, d’un bâillement secret de la terre ; cette invasion, c’est celle de l’Insensé qui place l’Autre monde au même niveau que celui-ci, et comme à ras terre; de telle sorte qu’on ne sait plus si c’est notre monde qui se dédouble dans un mirage fantastique, si c’est l’autre, au contraire, qui prend possession de lui, ou si finalement le secret de notre monde, c’était d’être déjà, et sans que nous le sachions, l’autre. Cette expérience incertaine, ambigüe, qui fait habiter l’étrangeté au cœur même du familier, prend chez Jérôme Bosch le style du visible : le monde se peuple en tous ses coquillages, en chacune de ses herbes, de monstres minuscules, inquiétants et dérisoires qui sont à la fois vérité et mensonge, illusion et secret, Même et Autre. Le Jardin des Délices n’est pas l’image symbolique et concertée de la folie, ni la projection spontanée d’une imagination en délire ; c’est la perception d’un monde suffisamment proche et éloigné de soi pour être ouvert à l’absolue différence de l’Insensé. En face de cette menace, la culture de la Renaissance éprouve ses valeurs et les engage au combat sur un mode plus ironique que tragique. La raison se reconnaît, elle aussi, comme dédoublée et dépossédée d’elle-même : elle se croyait sage, elle est folle ; elle croyait savoir, elle ignore ; elle se croyait droite, elle délire ; la connaissance introduit aux ténèbres et au monde interdit, quand on pensait être mené par elle à l’éternelle lumière. Tout un jeu s’esquisse qui dominera la Renaissance : non pas jeu sceptique d’une raison qui reconnaît ses limites, mais jeu plus dur, plus risqué, plus sérieusement ironique d’une raison qui joue sa partie avec l’Insensé.

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Obliques : L’imaginaire en évolution (1974) – Roger Caillois

septembre 11, 2013 Laisser un commentaire

Le propre de la science-fiction, ce qui caractérise la révolution dont elle procure déjà la mythologie et demain les archives, exige qu’elle récuse dès le départ l’action des êtres sans substrat matériel, « êtres » ou « choses » qui constituaient le ressort même du fantastique. Ils sont exclus par les règles du nouveau jeu imposé par des lecteurs qui, après une très lente érosion de leur sensibilité au surnaturel, n’attendent à la fin que des révélations de la science les mystères et les angoisses, les énigmes et les épouvantes capables de les captiver ou de les faire trembler. L’inintelligible, l’horrible ont cessé d’apparaître comme des forces qui se jouent de la science positive, à qui du reste l’étrange n’est plus étranger. En effet, l’effroyable, l’insolite lui sont maintenant intérieurs et presque constitutionnels : intimes. A la limite, ils se présentent comme plus scientifiques qu’elle-même. Il semble qu’ils ne fassent jamais qu’en devancer les arguments, les découvertes, sinon les exploits les plus alarmants.

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