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Sur les falaises de marbre (1939) – Ernst Jünger

Entre rive et falaises s’étendaient les coteaux à vignobles et le sentier le long de leurs pentes allait se perdant. A ces chemins se lie le souvenir d’un éveil rayonnant, fait d’étonnement, et qui tout à la fois nous emplit de crainte et nous ravit. Ce fut comme si, des profondeurs de la vie, nous étions remontés à sa surface. Pareille au coup frappé au carreau qui nous tire du sommeil, une image était tombée dans la nuit de notre ivresse, peut-être la corne de bouc qu’en ces contrées le paysan plante au bout d’une longue rame dans le sol de son jardin, peut-être le grand-duc aux yeux jaunes perché sur le faîte d’une grange, ou quelque météore filant dans un crépitement à la voûte du ciel. Toujours est-il que nous demeurâmes comme pétrifiés, et un brusque frisson nous pénétra jusqu’aux moelles. Il nous sembla alors que pour contempler les paysages un nouveau sens nous était donné. Nous regardions comme avec des yeux auxquels il est accordé de voir l’or et les cristaux qui courent en veines brillantes dans la profondeur des terres vitreuses.

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