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Feu Mathias Pascal (1904) – Luigi Pirandello

« Libre? » disais-je encore.
Mais déjà je commençais à pénétrer le sens et à mesurer l’extension de cette liberté.
Ainsi, par exemple, cette liberté consistait à rester là, le soir, accoudé à une fenêtre, à regarder le fleuve qui courait, noir et silencieux, entre les quais neufs et sous les ponts, qui y reflétaient les lumières de leurs becs de gaz, tremblantes comme de petits serpents de feu ; cela voulait dire suivre par l’imagination le cours de ces eaux, depuis la lointaine source des Apennins, puis par toutes ces campagnes, maintenant à travers la ville, puis de nouveau par la campagne, jusqu’à l’embouchure ; puis je me représentais par la pensée la mer ténébreuse et palpitante, où ces eaux, après une si longue course, allaient se perdre. Et cette liberté enfin me permettait d’ouvrir de temps en temps la bouche pour laisser passer un bâillement.
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