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Le paradis perdu (1929) – Pierre Jean Jouve

La voix du Seigneur.
– Que l’on n’imagine pas une voix du tout, car ce n’est pas une substance de sonorités sensibles à l’ouïe du ciel. Le Ciel croit recevoir tranquillement majestueusement pour toujours les décharges de toute la quantité incommensurable et toute la quantité infinitésimale de l’Univers debout et en tout; entendre le chant de présence des réalités réunies, celles qui sont, celles qui ne sont pas; trembler jusqu’à la perte du sens sous la force magnétique reçue; voir sans cesse et en même temps toute chose et la pensée que pense toute chose tombées en accord, et de même; le vrai se manifester, étendre la main, toucher; on croit sentir la justice, tout est identique et tout est limpide, les rayons avec les rayons, les vies avec les vies, les âmes avec l’âme. Mais c’est terrible, anéantissant, cela ne peut être supporté, cela ne peut être entendu, cela ne peut être vécu, cela ne peut être senti, cela ne peut pas être aimé. Et c’est un langage, c’est bien un langage, le monde terrifié pourrait-il se séparer du Langage?

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