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Traduit du silence (1941) – Joë Bousquet

Je viens à peine de le comprendre. Quand j’avais vingt ans j’ai connu une femme intelligente et belle. Un jour j’ai su que mon amour ne me défendait plus ni contre son esprit, ni contre sa beauté. Je renonçais à l’espoir de lui faire partager mes sentiments. Jamais je ne m’étais senti aussi seul. Je pouvais lui dire: « Tu es si belle et si vraie que mon amour désormais ne peut plus me défendre de toi. » Mais pourquoi lui fournir des raisons nouvelles de se sentir étrangère à moi?? Quoi que l’on se décide à dire, le silence exprime davantage. Il est la plus belle occasion pour les yeux, pour tout le visage de parler seuls; et ces choses que je pensais, elles sont à la limite de ce que l’on peut dire; elles ne sont peut-être que l’envers de ce que nous sommes; et c’est accomplir un effort inutile que de les mettre en paroles: leur forme la plus naturelle d’existence, c’est la forme de l’être…
De l’autre côté de mon amour il y a quelque chose d’implacable dont sa beauté est un reflet. Depuis que je l’aime, je me sens heureux, mais, en même temps, je me sens perdu.

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