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Le Musée Noir : Le sang de l’agneau (1946) – André Pieyre de Mandiargues

Aucune image masculine, féminine ou simplement bestiale ne donna jamais à son trouble une forme précise, et Marceline n’attendait rien de ce jeu prolongé sinon ce qu’elle découvrait à chaque instant dans son indiscrète observation de soi : la métamorphose ébauchée sur son corps ; l’effet des aiguilles de pin qui, lui piquant le crâne et le cou, provoquaient comme une sorte de tic nerveux des mouvements involontaires et désordonnés de son visage, lesquels aboutissaient parfois à une crise de larmes ; le plaisir de sentir la chaleur du soleil et le plaisir différent de sentir la chaleur du poil ; une légère courbature des reins et des jambes qui ne venait pas seulement d’être allongée sur un sol tourmenté de racines ; l’étrange sensation de présence qui marquait chacune à son tour diverses parties de sa personne, comme si la vie allait se mettre là plutôt qu’ailleurs, ses lèvres tout à coup sèches et enflées, puis ses seins, puis son ventre.

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