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Archive for novembre 2012

A monológ (1963) – György Kovásznai

novembre 30, 2012 Laisser un commentaire

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Labirynt (1962) – Jan Lenica

novembre 30, 2012 Laisser un commentaire

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Trans-Atlantique (1953) – Witold Gombrowicz

novembre 30, 2012 Laisser un commentaire

Gonzalo nous serre dans ses bras et, multipliant les révérences, nous guide vers la maison. Je reste ébahi, ébahis aussi Tomasz et son fils, à la vue des Salons, des vastes Salles, du luxe : Plafonds, Parquets, Stucs et Boiseries, Alcôves, Colonnes, Tableaux, Statues et aussi des Angelots, Lutrins, Pilastres, Gobelins et Tapis, et partout des Palmes, Vases d’argent filigrané, de cristal, de jaspe, Patères, Marqueteries sur palissandre, Cuirs repoussés vénitiens ou florentins, plats en Vermeil. Et toutes ces choses pressées l’une contre l’autre, en grappes si compactes que c’est à vous donner le tournis : un Angelot jouxtant une Chimère, une Madone dans un fauteuil, un Vase sur un brocart, un objet sous la table, un autre derrière une amphore, une Colonne, dieu sait pourquoi et à quoi ça rime, et à côté un Bouclier ou peut-être un Plateau.

Toutefois, le respect nous prend à voir des toiles du Titien, des Raphaël, des Murillo et autres Chefs-d’œuvre.

– Ce sont des trésors, dis-je, des trésors !

– Précisément, dit-il, des trésors. Je n’ai pas lésiné pour les acquérir et je les ai tous entassés ici afin qu’ils se Déprécient un peu. Tous ces Chefs-d’œuvre, ces Peintures, ces Statues enfermés ensemble ici se Dévaluent l’un par l’autre du fait de leur profusion, et leur Dépréciation est devenue telle que je peux tranquillement casser ce Vase, par exemple (et le voilà qui fait basculer de son socle un Vase persan ajouré couleur jade en majolique d’Astrakhan, lequel se brise en mille morceaux).

[…]

– Tiens, dit à ce moment Tomasz, on dirait que les chiens se mordent par ici !

Deux petits chiens traversent en effet la pièce, l’un trapu, un Pékinois mais pourvu d’une longue queue, l’autre un Berger mais portant queue de rat et gueule de Bouledogue. Ils passent en courant et se mordant mutuellement.

– Hé oui, s’écrie Gonzalo, ils se mordent, ils se mordent ! Justement ! Voyez donc, cher Monsieur, comme cette Madone mord ce Dragon sino-indien, et ce Tapis persan en train de déchiqueter mon Murillo là-bas, et ces Stucs qui mâchonnent les Statues… Diable, je ferais sans doute bien de leur acheter des Cages si je ne veux pas qu’ils s’Entredévorent tous ! » Avec un grand éclat de rire, il saisit une cravache sur la table et commence à en fouetter les meubles : « Tiens, dit-il, voilà pour toi ! Et pour toi ! Tranquille ! Cesse de mordre ! Couché, couché ! »

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L’homme sans qualités (1930-1932) – Robert Musil

novembre 30, 2012 Laisser un commentaire

Mais quand l’esprit demeure tout seul, substantif nu, glabre comme un fantôme à qui l’on aimerait prêter un suaire, qu’en est-il donc? On peut lire les poètes, étudier les philosophes, acheter des tableaux, discuter toute la nuit: mais ce que l’on y gagne, est-ce de l’esprit? En admettant même que l’on en gagne, le possédera-t-on pour autant? Cet esprit-là est si étroitement lié à la forme fortuite qu’il a prise pour entrer en scène! Il passe à travers celui qui aimerait l’accueillir, ne lui laissant qu’un ébranlement léger. Qu’allons-nous faire de tout cet esprit? On ne cesse d’en produire en quantités proprement astronomiques sur des tonnes de papier, de pierre et de toile, on ne cesse pas davantage d’en ingérer, dans une gigantesque dépense d’énergie nerveuse: qu’en advient-il ensuite? Disparaît-il comme un mirage? Se dissout-il en particules? Se soustrait-il à la loi terrestre de la conservation de la matière? Les parcelles de poussière qui descendent au fond de nous et lentement s’y immobilisent n’ont aucun rapport avec la dépense faite. Où est-il parti? Où est-il, qu’est-il? Peut-être se formerait-il autour de ce mot « esprit », si l’on en savait davantage, un cercle de silence angoissé…
Le soir était tombé. Des maisons, comme arrachées de l’espace, de l’asphalte, des rails d’acier, formaient le coquillage de plus en plus froid de la ville. La coquille mère, bondée de mouvements humains, ingénus, joyeux ou rageurs, où tout un chacun commence par une gouttelette jaillissante, giclante, débute par une petite explosion, est accueilli et refroidi par les parois, s’adoucit et s’immobilise, reste délicatement accroché à l’enveloppe interne de la coquille mère, et finalement se fige en une petite graine contre la cloison. Ulrich pensa tout à coup: « Pourquoi ne me suis-je pas fait pèlerin? » Ses sens entrevoyaient une vie pure, absolue, d’une fraîcheur consumante comme l’air limpide. Celui qui ne veut pas dire « oui » à la vie devrait au moins lui opposer le « non » des saints; pourtant, y penser sérieusement était impossible. Il n’aurait pas pu davantage se faire aventurier, bien que cette vie-là dût ressembler à d’éternelles fiançailles, que ses membres et son courage en devinassent les plaisirs. Il n’avait pu devenir un poète, ni l’un de ces désillusionnés qui ne croient plus qu’à l’argent et à la violence, encore qu’il eut des dispositions pour tout cela. Il oublia son âge, s’imagina qu’il avait vingt ans: alors déjà, néanmoins, une décision intérieure voulait qu’il ne pût rien devenir de tout cela; quelque chose de plus puissant l’empêchait d’y atteindre. Pourquoi donc vivait-il d’une manière si peu claire, si indécise? Sans aucun doute, se disait-il, ce qui l’exilait dans cette existence anonyme et confinée n’était pas autre chose que cette obligation de lier et de délier le monde que l’on appelle, d’un mot que l’on n’aime pas rencontrer sans épithète, l’esprit. Ulrich ne savait même pas pourquoi, mais il devint brusquement triste et pensa: « Tout simplement, je ne m’aime pas. » Dans le corps gelé et pétrifié de la ville il sentait battre, tout au fond, son coeur. Il y avait là quelque chose en lui qui n’avait jamais voulu rester nulle part, sentant le long de lui les murs du monde et se disant qu’il y en avait encore des millions d’autres; ce Moi, goutte dérisoire, lentement refroidie, qui ne voulait pas céder son feu, son minuscule noyau de feu.

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Au pan coupé (1968) – Guy Gilles

novembre 26, 2012 Laisser un commentaire

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Peggy’s Blue Skylight (1964) – Joyce Wieland

novembre 26, 2012 Laisser un commentaire

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Le Musée Noir : Le sang de l’agneau (1946) – André Pieyre de Mandiargues

novembre 26, 2012 Laisser un commentaire

Aucune image masculine, féminine ou simplement bestiale ne donna jamais à son trouble une forme précise, et Marceline n’attendait rien de ce jeu prolongé sinon ce qu’elle découvrait à chaque instant dans son indiscrète observation de soi : la métamorphose ébauchée sur son corps ; l’effet des aiguilles de pin qui, lui piquant le crâne et le cou, provoquaient comme une sorte de tic nerveux des mouvements involontaires et désordonnés de son visage, lesquels aboutissaient parfois à une crise de larmes ; le plaisir de sentir la chaleur du soleil et le plaisir différent de sentir la chaleur du poil ; une légère courbature des reins et des jambes qui ne venait pas seulement d’être allongée sur un sol tourmenté de racines ; l’étrange sensation de présence qui marquait chacune à son tour diverses parties de sa personne, comme si la vie allait se mettre là plutôt qu’ailleurs, ses lèvres tout à coup sèches et enflées, puis ses seins, puis son ventre.

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