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Archive for août 2012

Le Libera (1968) – Robert Pinget

août 31, 2012 Laisser un commentaire

Ces quatre figures figées sous le platane, le courant d’air tant redouté par mademoiselle comment déjà éteignait les bougies emportant jusqu’au faîte de l’arbre séculaire les Libera et autres bredouillements.
Après l’absoute on aurait serré la cuillère à la famille coincée entre Saint Antoine et les fonds baptismaux, le père, la mère, la frangine, tout le tremblement.
Ou se taper un bon coup de pinard.
Accoudé à sa fenêtre le pauvre à son âge quoi d’autre pouvait l’absorber.
Un enterrement ni plus ni moins.
Libera me Domine comme si la bouse qu’on nous balancerait sur le coin de la figure.
Libera me Domine comme si l’embouteillage bien tarte.
De merda aeterna excusez le calembour.
Une petite saloperie pas chère pour nous remettre de nos émotions, comprenez-moi de deux choses l’une.
Les cancans de ces dames, de quoi passer un bout de temps.
Ou que l’ombre à la nuit tombante.
Ou que ce pauvre enfant comment s’appelait-il.
Ces petites frimousses à vous donner froid dans le dos.
Bref le fiasco ou quelque chose d’approchant.
Plus rien depuis tant d’années, un malaise comment dire, une soif peut-être mais c’est loin tout ça.
Le voir encore ce matin de juillet sur le pas de sa porte.
Comme si le drame remâché, digéré et le reste.
Plus question de se reprendre, plus question de finir.
Le fiasco ad vitam, sortilèges bousillés et c’est bien comme ça.
Tel qu’il couvait ailleurs.
Des choses comment ça s’appelle, entrevues, épiées, on peut toujours courir, elles vont bien au-dessus des cimes.
La clique des vieux bobards, mirages tartes et autre quincaille dans nos caboches cahotantes.
Sortilèges bousillés.
Plus question de finir.
Une soif mais pour l’éteindre je pourrai toujours courir.
Une soif oui, selon moi.

 

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Le bavard (1946) – Louis-René des Forêts

août 31, 2012 Laisser un commentaire

Et maintenant, autour de ce chœur enfantin venaient graviter des souvenir échelonnés sur diverses périodes de ma jeunesse, mais de contenus à peu près identiques et ayant pour cadre commun la chapelle de ce collège breton où, débordant d’une ardeur violente, ressentant cruellement l’injustice et la contrainte, j’entretenais à longueur de journée mon orgueil et ma haine. Et soudain je me rappelais de quelle triomphale façon tombait le soleil de l’après-midi en faisceaux couleur safran sur les dalles en mosaïque, sur les guipures illustrées de motifs travaillés qui ornaient l’autel, dorant les candélabres à cinq branches que brandissaient des anges en plâtre écaillé, couronnant d’un nimbe éphémère les cheveux des enfants aux joues polies et plates, aux bouches ouvertes, et la manière dont les moins pieux d’entre eux se penchaient en avant, baissaient la tête et plaquaient habilement une main sur le bas de leur visage quand, las de chanter, ils feignaient de s’abîmer en prières – genre de dissimulation où j’étais passé maître et que je pratiquais fréquemment. Et me revenait aussi à l’esprit le souvenir d’un certain dimanche de mai où j’avais aperçu un gros oiseau touffu, encadré par une des hautes fenêtres ouvertes à deux battants par laquelle s’échappaient habituellement les effluves de l’encens qui me fait vomir, se détachant en gris sur la jeune et frissonnante verdure du marronnier que je voyais resplendir chaque jour sous les couleurs du soleil comme le flanc étincelant d’un vaisseau – tandis que moi, dans mon trou sombre et froid, pareil à une larve, je dépérissais – et avec quelle application furieuse, têtue, insensée, je m’étais efforcé de prêter l’oreille au chant qui montait en boule le long de sa gorge, défiant ainsi la force torrentielle d’un Magnificat crié à tue-tête par deux cents voix, et de quelle poignante façon, lorsqu’un silence religieux s’établit en bas comme un majestueux point d’orgue, l’oiseau fit entendre quelques vocalises pures, presque grêles, mais dont l’ironique désinvolture me causa cette ivresse qui est le désespoir absolu voisin du bonheur.

 

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A Cold Draft (1988) – Lis Rhodes

août 31, 2012 Laisser un commentaire

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Light Reading (1978) – Lis Rhodes

août 31, 2012 Laisser un commentaire

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