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L’attente l’oubli (1962) – Maurice Blanchot

Elle donnait l’impression, quand elle parlait, de ne pas savoir relier les mots à la richesse d’un langage antérieur. Ils étaient sans histoire, sans lien avec le passé de tous, sans rapport même avec sa vie à elle, ni avec la vie de personne. Pourtant, ils disaient ce qu’ils disaient avec une exactitude que seul leur manque d’équivoque rendait suspecte: comme s’ils avaient eu une signification unique hors de laquelle ils redevenaient silencieux.
Le sens de toute cette histoire était celui d’une longue phrase qui ne pouvait être morcelée, qui ne trouverait de sens qu’à la fin et qui, à la fin, ne le trouverait que comme un souffle de vie, le mouvement immobile de tout l’ensemble.
Il commença d’entendre à côté de ce qu’elle disait, et comme en arrière, mais dans une étendue sans profondeur, sans haut ni bas, et pourtant matériellement situable, une autre parole avec laquelle la sienne n’avait presque rien de commun.

 

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