Archive

Archive for juin 2012

La tragédie de la culture: La mode (1895) – Georg Simmel

juin 28, 2012 Laisser un commentaire

La façon donnée à l’homme de concevoir les phénomènes de la vie nous fait sentir une pluralité des forces en tous points de l’existence; chacune de ces forces, en l’occurrence, s’évertue à dépasser le phénomène réel, brise contre l’autre son infinité, la convertit alors en simple tension et nostalgie. Dans tout agir, fût-ce le plus complet et le plus fécond, nous sentons quelque chose qui n’est pas encore parvenu entièrement à s’exprimer. Cela étant dû à la limitation réciproque des éléments qui s’entrechoquent, leur dualisme révèle justement l’unité de la vie globale. Et il faut d’abord que chaque énergie intérieure excède la mesure de son expression visible pour que l’existence acquière cette richesse de possibilités inépuisées qui va compléter sa réalité fragmentaire; alors seulement, les manifestations de la vie laissent soupçonner des forces plus profondes, des tensions plus ouvertes, une lutte et une paix de plus grande ampleur que les données immédiates ne le trahissent.

 

Catégories :Citations Étiquettes : , , ,

Minima Moralia (1951) – Theodor W. Adorno

juin 28, 2012 Laisser un commentaire

The only philosophy which would still be accountable in the face of despair, would be the attempt to consider all things, as they would be portrayed from the standpoint of redemption. Cognition has no other light than that which shines from redemption out upon the world; all else exhausts itself in post-construction and remains a piece of technics. Perspectives must be produced which set the world beside itself, alienated from itself, revealing its cracks and fissures, as needy and distorted as it will one day lay there in the messianic light. To win such perspectives without caprice or violence, wholly by the feel for objects, this alone is what thinking is all about. It is the simplest of all things, because the condition irrefutably call for such cognitions, indeed because completed negativity, once it comes fully into view, shoots into the mirror-writing of its opposite. But it is also that which is totally impossible, because it presupposes a standpoint at a remove, were it even the tiniest bit, from the bane of the existent; meanwhile every possible cognition must not only be wrested from that which is, in order to be binding, but for that very reason is stricken with the same distortedness and neediness which it intends to escape. The more passionately thought seals itself off from its conditional being for the sake of what is unconditional, the more unconsciously, and thereby catastrophically, it falls into the world. It must comprehend even its own impossibility for the sake of possibility. In relation to the demand thereby imposed on it, the question concerning the reality or non-reality of redemption is however almost inconsequential.

Catégories :Citations Étiquettes : , , ,

Raymond Scott

juin 27, 2012 Laisser un commentaire




Catégories :Musique Étiquettes : , , , , ,

Esquivel

juin 27, 2012 Laisser un commentaire




Catégories :Musique Étiquettes : , ,

¡Que viva México! (1932) – Sergei Eisentein

juin 20, 2012 Laisser un commentaire

Catégories :Galerie Étiquettes : , , , ,

Soy Cuba (1964) – Mikhail Kalatozov

juin 20, 2012 Laisser un commentaire

Catégories :Galerie Étiquettes : , , ,

Fellini par Fellini (1984) – Federico Fellini

juin 18, 2012 Laisser un commentaire

Marcello. Le cher, le parfait Marcello Mastroianni: l’ami fidèle, dévoué, sage, un ami tel qu’on en trouve seulement dans les romans des écrivains anglais. Marcello et moi, nous nous voyons très peu, presque jamais. Et c’est peut-être bien l’une des causes de notre amitié, une amitié qui n’exige rien, n’oblige pas, ne conditionne nullement, n’établit point des règles et des frontières. Une vraie, une belle amitié, fondée sur un salubre manque de confiance réciproque.
Travailler avec Marcello est une joie: délicat, disponible, intelligent, il entre sur la pointe des pieds dans la peau des personnages, sans jamais rien demander, sans avoir même lu le scénario. « Quel plaisir y a-t-il, dit-il, à connaître d’avance ce qui va se passer? Je préfère le découvrir jour après jour, tout comme cela se passe pour le personnage. » Il se laisse maquiller, habiller, coiffer sans émettre la moindre objection, ne demandant que les choses strictement indispensables: avec lui, tout est doux, serein, détendu, naturel, un naturel qui parfois lui permet de sommeiller pendant les séquences où il est en scène, au besoin au premier plan.

 

Catégories :Cinéma, Citations Étiquettes : , ,