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Chêne et Chien, II (1937) – Raymond Queneau

 

L’herbe: sur l’herbe je n’ai rien à dire
mais encore quels sont ces bruits
ces bruits du jour et de la nuit
Le vent: sur le vent je n’ai rien à dire

Le chêne: sur le chêne je n’ai rien à dire
mais qui donc chantonne à minuit
qui donc grignote un pied du lit
Le rat: sur le rat je n’ai rien à dire

Le sable: sur le sable je n’ai rien à dire
mais qu’est-ce qui grince? c’est l’huis
qui donc halète? sinon lui
Le roc: sur le roc je n’ai rien à dire

L’étoile: sur l’étoile je n’ai rien à dire
c’est un son aigre comme un fruit
c’est un murmure qu’on poursuit
La lune: sur la lune je n’ai rien à dire

Le chien: sur le chien je n’ai rien à dire
c’est un soupir et c’est un cri
c’est un spasme un charivari
La ville: sur la ville je n’ai rien à dire

Le cœur: sur le cœur je n’ai rien à dire
du silence à jamais détruit
le sourd balaye les débris
Le soleil: ô monstre, ô Gorgone, ô Méduse
ô soleil.

 

 

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