Les films psychotropes d’Ivan Zulueta

octobre 11, 2017 Laisser un commentaire

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17 novembre 2017, Braquage/Espace en Cours (Paris)

Masaje (1972), 3′, Frank Stein (1972), 3′, Leo es Pardo (1976), 10′, A mal Gam A (1976), 33′, Mi ego esta en Babia (1975), 35′

Les films de Zulueta sont des trips drolatiques et inquiétants qui invitent à l’expérience du dédoublement caractéristique du cinéma. L’image est sujette à toutes les métamorphoses (rappelons que le cinéaste était aussi dessinateur, et qu’il utilise des techniques d’animation – stop motion – dans ses films images réelles), à toutes les déliquescences, elle est l’objet d’un saisissement extatique (« arrebato ») où l’identité se dissout.

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Tchétchénie : résistance des corps

septembre 6, 2017 Laisser un commentaire

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29 septembre 2017, FranceDoc / Espace en cours 

People of no consequence (2016), Aslan Gaisumov, 8′, La familia chechena (2015), Martín Solá, 60′

Du 23 février au 9 mars 1944, l’ensemble des nations tchétchènes et ingouches, environ un demi-million de gens, accusés de collaborer avec l’occupant nazi, ont été déportés par les autorités soviétiques vers l’Asie. De nombreuses autres nations ont connu de telles déportations de masse sous le régime soviétique. Près de la moitié des Tchétchènes et des Ingouches ont péri dans cette déportation. Les survivants n’ont pu retourner chez eux qu’en 1957, quatre ans après la mort de Staline. Dans un plan séquence fixe, Aslan Gaisumov présente une salle où s’installent peu à peu face à la caméra 119 de ces survivants.
Abubakar a 46 ans et participe au dhikr (ou zikr), danse rituelle des soufis tchétchènes. A chaque dhikr il atteint une extase qui est comme un exorcisme de tout ce que son peuple a souffert au long de nombreuses années d’occupation. La présence de sa mère, de sa femme et de ses neuf enfants fait réapparaître les fantômes du passé et du présent : le récit des déportations de 1948, ses filles menacées d’enlèvement, la ville de Grozny aujourd’hui, des lumières, des sons, des paysages, des faces obscures derrière des murs détruits. Ce film-transe représente le dhikr comme un acte de résistance où les participants se réunissent avec leurs morts et leur douleur à travers la danse, la musique et la prière

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Chris Welsby : Nature et technique

septembre 5, 2017 Laisser un commentaire

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14 octobre 2017, Festival des cinémas expérimentaux et différents de Paris

River Yar (1972), 35′, Anemometer (1974), 10′, Windmill II (1973), 10′,  Seven Days (1974), 20′

Chris Welsby, héritier des protocoles formels du cinéma structurel, les emploie pour interroger les rapports entre la technique et la nature. Cette dernière n’est pas qu’un motif dans ses films, elle participe au dispositif de la représentation, tout en mettant l’accent sur les caractéristiques techniques du cinéma avec lesquelles elle interagit. Il définit ainsi sa démarche :

« Contrairement aux peintres et photographes paysagistes du 19ème siècle, j’ai évité le point de vue objectif implicite dans les vues panoramiques et les représentations d’espaces picturaux homogènes, en utilisant le clignotement, les caractéristiques lumineuses du médium filmique ou vidéo, et leurs technologies respectives, pour suggérer à la fois la beauté et la fragilité du monde naturel1. »

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Journal infime

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31 mai 2017, FranceDoc / Espace en cours (Paris)

Taipei Hours (2017), Liang-Hsian Chen, 21′, Cloud, Insect, Wire Fence (2014), Mie Kurihara, 68′

Reprenant les codes du film de famille ou du journal intime, ces films laissent effleurer l’étrangeté tapie dans l’ordinaire, que la caméra capte dans la reconstitution ou dans la spontanéité.
A Taiwan, île et cité globale, Liang-Hsuan Chen filme la journée d’une femme oscillant entre ses croyances et ses désirs. Avec le passage du temps, les différentes générations se confondent, ouvrent la possibilité d’une nouvelle approche de l’espace et de la temporalité de la ville.
Possible représentante du « cinéma naïf », Mie Kurihara réalise des films en 8 consacrés aux petites choses : insectes, barbelés… Elle réalise ici un journal, autant infime qu’intime, sur ses séjours en Thaïlande.

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J’ai comme reculé, on dirait

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11 mai 2017, FranceDoc / Espace en cours (Paris)

J’ai comme reculé on dirait (2017), Sophie Bédard Marcotte, 70 ‘

Une cinéaste et son entourage. Trois jeunes femmes remplies d’ambitions, grisées par d’innombrables possibilités. Pourtant, un désenchantement s’installe. À travers les carrières qui tardent à démarrer, les emplois ennuyeux, les débauches qui se banalisent, les ruptures amoureuses, l’envie de fuir et la recherche du bonheur à tout prix, une sorte d’état des lieux se dessine.

Tourné entre Montréal et Berlin, vacillant entre portrait intimiste et autoportrait impressionniste, J’ai comme reculé, on dirait capture le quotidien de ses personnages avec une esthétique crue et immédiate et un humour empreint d’auto-dérision.

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La ville des pirates

janvier 12, 2017 Laisser un commentaire

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16 février 2017, Cycle « Fantasmagories del desig », Filmoteca de Catalunya (Barcelona)

La ville des pirates (1983) – Raul Ruiz, 110′

Géographie mentale et vertige narratif se combinent dans cette histoire sanglante et fabuleuse, tournée avec peu de moyens sur la côte portugaise. La pulsion se joue dans l’éternel retour d’une « histoire éternelle » dans un espace restreint et pourtant éclaté, transformant les identités des personnages au gré des vagues et des paroles, ordinaires ou délirantes, à la dérive.

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Territoires

janvier 10, 2017 Laisser un commentaire

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28 janvier 2017, A bras le corps / Espace en cours (Paris)
L’oeil impératif (2015) – Maria Ruido, 63′

El ojo imperativo, consacré aux rapports coloniaux du Maroc et de l’Espagne, s’ouvre sur un énoncé paradoxal qui définit la colonisation : le colon continue l’histoire de son pays sur un autre territoire que le sien, « Le colon fait l’Histoire et sait qu’il la fait. Et parce qu’il se réfère constamment à l’histoire de sa métropole, il indique en clair qu’il est le prolongement de cette métropole. L’histoire qu’il écrit n’est donc pas l’histoire du pays qu’il dépouille mais l’histoire de sa nation ». En reprenant un faisceau d’images et de mots de sources diverses, l’auteur s’attache à remettre en question le regard colonial et à désamorcer le territoire qu’il cherche à instaurer.

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